Les Amis du musée offrent au musée Camille Claudel un bas-relief d’Alfred Boucher en cire
Le 16 juin, les Amis du musée ont acquis un bas-relief d’Alfred Boucher en remportant les enchères organisées par la maison Crait+Müller à Drouot. L’association va offrir cette sculpture au musée Camille Claudel qui conserve un fonds Alfred Boucher de référence comportant 223 objets mais aucune sculpture en cire.
Ce Profil de jeune fille est une œuvre inédite, qui n’est pas recensée dans le catalogue raisonné de l’artiste. Préalablement à la vente, l'authenticité de la sculpture qui est d’ailleurs signée a pu être confirmée par la conservatrice du musée en lien avec Jacques Piette, auteur du catalogue raisonné. Le modèle qui a posé pour ce portrait n’est pour le moment pas identifié.
Ce bas-relief a la particularité d’être en cire, un matériau rare dans lequel peu d’œuvres de l’artiste sont connues. Le musée expose pour le moment une petite tête en cire, le Buste d'André Leroux, mais celui-ci est un dépôt du musée de Fécamp et n’appartient pas aux collections nogentaises.
La procédure d’acquisition propre aux Musées de France va maintenant suivre son cours (passage en commission scientifique régionale puis en conseil municipal) pour permettre la finalisation du don par l’association.
De la plume au ciseau, la correspondance de Camille Claudel
Exposition
Pour célébrer l’acquisition de six lettres écrites par Camille Claudel à Eugène Blot, le musée a présenté au sein de ses collections permanentes une quinzaine de lettres de l’artiste. Exposés en regard des sculptures, ces écrits éclairaient la genèse et la réception des œuvres et mettent en évidence les soutiens de Camille Claudel : l’éditeur Eugène Blot, le sculpteur Auguste Rodin ou encore les critiques d’art Mathias Morhardt et Gustave Geffroy. Au-delà des précieuses informations que ces lettres apportaient sur les œuvres, elles incarnaient Camille Claudel, qui partage avec ses correspondants ses enthousiasmes, ses doutes et ses tourments.
Aurore
Aurore
Fonte E. Blot no1, 1908
Cette petite fille, au regard tourné vers le ciel et à la chevelure détachée est la dernière interprétation que donne Camille Claudel du buste de La Petite Châtelaine réalisée vers 1882. En effet, elle reprend souvent ses compositions et propose des variations, notamment sur le travail de la chevelure. Ces reprises témoignent de sa modernité et peuvent être rapprochées de la pratique d’Auguste Rodin. Avec ce buste, l’artiste s’inscrit stylistiquement dans le courant Art nouveau en ce début de XXe siècle : le visage présente un modelé lisse et ferme et des contours bien dessinés ; quant à la chevelure abondante, elle est formée de magnifiques courbes.
En accentuant le caractère universel et allégorique de ce buste par un traitement esthétique des traits, Camille Claudel affirme son appartenance à la sphère des artistes symbolistes à une période où elle souhaite se détacher de l’art et de l’influence d’Auguste Rodin. Symbole de pureté, Aurore lève ses yeux animés de la lueur des premiers rayons du soleil, signe de renouveau et d’espoir. Cette œuvre intemporelle interpelle quiconque l’admire.
Le fondeur et éditeur Eugène Blot acquiert le plâtre d’Aurore et, à partir de 1908, il en édite six exemplaires en bronze. Au musée Camille Claudel sont présentés le chef-modèle en bronze qui a servi à reproduire l’œuvre et une version en bronze avec une patine vert d'eau très particulière.
Voir aussi dans les collections :
Enquêtes de Mouseîon
Pour les petits curieux férus d’énigmes, les enquêtes de Mouseîon sont disponibles gratuitement. Elles invitent les familles à rechercher des personnages représentés dans les sculptures en suivant les indices de Mouseîon, la mascotte du musée. Présentées dans sept livrets, les enquêtes peuvent être menées lors de plusieurs visites.
Salomé Fauc
Chaque année, le musée Camille Claudel et l’Association Tournefou s’associent pour accueillir durant deux mois un artiste en résidence de recherche et création.
C’est la dessinatrice Salomé Fauc qui a été invitée du 17 août au 18 octobre pour produire un travail original qui associe la création contemporaine à l’histoire de l’art des XIXe et XXe siècles.
Ses dessins exposés jusqu'au 15 novembre 2020 assument le grand format : ils engagent tout le corps de l’artiste et jouent avec l’échelle des lieux auxquels ils sont destinés.
La trame serrée et dense du trait résulte d’une étude attentive de motifs, souvent végétaux, repris et répétés à l’encre de chine afin de les éloigner du dessin d’observation, pour ne garder que le potentiel de lignes, de traits et de contrastes.
Elsa Abderhamani
En 2019, le musée Camille Claudel et l’Association Tournefou ont accueilli l’artiste Elsa Abderhamani pour une résidence de deux mois.
A travers la vidéo et l’illustration, elle s’est intéressée au paysage, à l’environnement et à la manière dont un corps s’inscrit dedans. Ses matières premières ont été ici le musée Camille Claudel et ses collections, les personnes qui le traversent et y travaillent, les espaces du Tournefou ainsi que le territoire qui sépare ces deux lieux.
« Durant cette période de résidence, je me concentrerais sur la représentation des positions des corps, en jouant avec les différences entre poses cinématographiques, poses naturelles, poses des modèles notamment en lien avec les œuvres exposées au musée Camille Claudel. Les images, les scènes récoltées seront manipulées pour créer des décalages, des formes de dramatisation et de narrations.»
La résidence de recherche et création bénéficie du soutien d’ANAU architectes et de l’agence AXA Patrick Colinot de Nogent-sur-Seine.
Crédit photographique : Portrait d’Elsa Abderhamani © Elsa Abderhamani
Isabelle Ha Eav
La photographe Isabelle Ha Eava été accueillie en résidence artistique au musée Camille Claudel et à l’Association Tournefou à partir du 29 mars 2021. Après deux mois de recherche et de création au cœur des collections du musée Camille Claudel et des paysages aubois, elle a exposé une dizaine de photographies grand format, réalisée avec la technique de la gomme bichromatée, dans les salles du musée, en regard des sculptures de Camille Claudel.
Isabelle Ha Eav s’est formée à la gravure puis à la photographie, notamment à l’Ecole nationale de la photographie d’Arles. Dans ses images, elle explore les notions de présence et d’absence, d’empreinte, d’effacement et de disparition. Elle pratique le tirage à la gomme bichromatée. Cette technique, inventée au milieu du XIXe siècle, mêle les procédés de la photographie et de la peinture, avec l’utilisation de pigments, pinceaux et brosses. La photographie se forme après l’assemblage de plusieurs couches d’émulsion, ce qui permet d’obtenir des images d’une densité et d'une profondeur très particulière.
Résidence de recherche et création
Chaque année, le musée Camille Claudel et l’association Tournefou s’associent pour accueillir un artiste en résidence de recherche et création à Nogent-sur-Seine et à Pâlis. Pendant deux mois, l’artiste sélectionné élabore un travail de création original s’inspirant des collections du musée, de son histoire et du territoire de la résidence.
Les dernières années de création
Dans les années 1890, exaspérée par les critiques qui rapprochaient sans cesse son travail de celui d’Auguste Rodin, Camille Claudel a recherché une esthétique résolument personnelle et moderne. Les Croquis d’après nature sont l’aboutissement de ses réflexions. Ces œuvres de petites dimensions représentent des scènes observées dans le quotidien. Ainsi, pour Les Causeuses, elle s’est inspirée d’un groupe de femmes dans un compartiment de train. Elle travaillait de mémoire et sans modèle, selon une méthode inhabituelle pour l’époque. Elle portait une attention particulière à la justesse et à l’expressivité de chaque personnage pour dépasser la dimension anecdotique au profit de l’universel. L’impression d’instantanéité, de mouvement et de vie qui se dégage de ces scènes est frappante. Malgré l’abondance des Croquis d’après nature mentionnés par les sources de l’époque, très peu nous sont parvenus. Certains ont probablement été détruits par l’artiste dans des moments de détresse.
Œuvres exposées dans cette salle
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Chienne rongeant un os ou Chienne affamée, vers 1893, bronze, fonte A. Rudier, achat à Philippe Cressent en 2008.
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Les Bavardes ou Les Causeuses, vers 1893, plâtre (avec paravent), achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008.
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Les Bavardes ou Les Causeuses, vers 1893, bronze, paravent en marbre ou albâtre teinté, fonte E. Blot, no1, 1905, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Rêve au coin du feu, vers 1899, bronze et marbre, fonte E. Blot, vers 1905, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Profonde pensée, vers 1898, bronze et marbre, fonte E. Blot no6, vers 1905, achat à Philippe Cressent en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Profonde pensée, vers 1898, bronze, 1898, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Étude pour la tête d’Hamadryade, vers 1895, plâtre patiné, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Étude pour la tête d’Hamadryade, vers 1895, bronze, fonte E. Blot, 1908, achat avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées Champagne-Ardenne en 2006
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Persée et la Gorgone, vers 1897, marbre, pratique réalisée par François Pompon, 1902, Commande de la comtesse Arthur de Maigret pour son hôtel de la rue de Téhéran, Paris XVIIe, achat avec le soutien de l’État (Fonds national du patrimoine), et l’apport de mécénat d’entreprises en 2009.
Autour de L'Âge mûr
Cette œuvre a été conçue par Claudel au moment où elle se séparait de Rodin et on peut y voir un écho de sa vie intime. Bien qu’elles ne soient pas des portraits, les trois figures du groupe semblent ainsi évoquer Auguste Rodin s’éloignant de la jeune Camille Claudel pour rejoindre sa compagne plus âgée Rose Beuret. Cependant, la sculptrice a dépassé l’évocation de son histoire personnelle pour élaborer une œuvre universelle incarnant la condition humaine soumise au passage du temps, qui nous conduit inexorablement vers la mort. La vieille femme entraîne L’Âge mûr dans un mouvement irrépressible traduit par la composition oblique, la draperie à l’arrière et la base s’élevant en degrés successifs pour s’achever dans une forme de vague. La force de l’évocation se concentre dans le vide qui sépare les mains de la Jeunesse de celles de son ancien amant.
Œuvres exposées dans cette salle
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), L’Implorante ou Imploration, vers 1894, bronze, fonte E. Blot, grand modèle, no5, 1905, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), L’Âge mûr, vers 1890, bronze, fonte E. Blot, réduction au tiers du modèle original, n°3, 1907, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), L’Implorante ou Le Dieu envolé, vers 1895, plâtre patiné, achat avec l’aide de l’État (Fonds national du patrimoine), de la Région Grand Est (Fonds régional d’acquisition pour les musées), du Département de l’Aube, des Amis du musée Camille Claudel et de Jean-Eudes Maccagno en 2021
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Vieil aveugle chantant, vers 1894, plâtre, achat avec l’aide de la Direction régionale des Affaires culturelles et de la Région Grand-Est (Fonds régional d’acquisition pour les musées), de la Centrale EDF de Nogent-sur-Seine, de la société Gaget, du cabinet Lenoir et associés architectes, du cabinet Prieur et associés, de l’agence ANAU, de la société Roussey et de l’association des Amis du musée Camille Claudel en 2017
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Tête de vieillard, étude pour L’Âge mûr, vers 1890, bronze, fonte E. Blot, nº1, 1905, achat à Philippe Cressent en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Torse de Clotho chauve, vers 1893, bronze, fonte Valsuani, nº3/8, après 1990, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), Camille Claudel, portrait dit aux cheveux courts, vers 1884, plâtre patiné, dépôt du musée Rodin, Paris.
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), Camille Claudel au bonnet, 1884, plâtre, dépôt du musée Rodin, Paris.
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), L’Adieu, 1892, plâtre, dépôt du musée Rodin, Paris
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), La France, 1904, plâtre, dépôt du musée Rodin, Paris.










La “semaine de l’accessibilité”
Présentation du musée Camille Claudel






