Céramique
A sa création, le musée de Nogent-sur-Seine conservait un fonds très significatif de céramique, constitué d’une part des dons de madame Boucher et d’autre part du dépôt par la manufacture nationale de Sèvres de centaines de vases et de sculptures en biscuit de porcelaine. La majorité de ces objets a malheureusement disparu lors du pillage du musée pendant la Seconde guerre mondiale. Les vases sont aujourd’hui conservés en réserves à l’exception de la spectaculaire Ronde des enfants due à Dalou. On peut aussi admirer dans les salles nombre de biscuits de porcelaine et d’éditions en grès, un ensemble renouvelé par des acquisitions et de nouveaux dépôts. On y distingue des pièces de prestige où la manufacture de Sèvres cherchait à démontrer son savoir-faire technique (Les Ondines d’Alfred Boucher, Le Char de Diane et Le Char de Minerve d’Emmanuel Fremiet), ainsi que l’incomparable édition de La Valse de Camille Claudel en grès par la manufacture Emile Muller.
Archéologie
Au début du XXe siècle, les vestiges archéologiques fascinent les collectionneurs mais se résument souvent à des objets de curiosité. A l’ouverture du musée de Nogent-sur-Seine, plusieurs donateurs enrichissent les collections de vestiges hétérogènes, dont une partie disparaît pendant la Seconde guerre mondiale.
En 1962, André Lemoine fonde le Groupe archéologique du Nogentais (GAN). C’est une période charnière pour la constitution de l’archéologie en tant que discipline scientifique et les fouilles menées par le GAN bénéficient des nouvelles techniques, notamment à travers les prospections aériennes. Pour conserver le mobilier découvert, le GAN obtient une salle dans l’ancien musée alors fermé au public. En échange, il s’engage à contribuer à la réouverture du musée, qui aboutit en 1974.
En 1978, un jeune archéologue, Jacques Piette, est nommé conservateur. Celui-ci mène de nombreuses fouilles dans le Nogentais jusqu’aux années 1990, qui enrichissent considérablement les collections du musée.
Environ 9000 vestiges ou lots d’objets sont aujourd’hui conservés au musée Camille Claudel. Parmi les sites remarquables, citons les tombes et habitations des Grèves de Frécul (Néolithique), l’ensemble funéraire de Barbuise-La Saulsotte (Âge du Bronze final), le sanctuaire gaulois de La Villeneuve-au-Châtelot (Âge du Fer) et les ateliers de potiers fouillés dans la même commune (époque gallo-romaine).
Vestiges
Domaines
Happy Hours
D'avril à octobre, le musée Camille Claudel s’associe à des producteurs locaux pour de délicieux rendez-vous : les Happy Hours.
Proposées à l’heure de l’apéritif, ces visites-dégustations commencent par une visite de trente minutes autour d’une œuvre, d’un artiste, d’un mouvement ou encore d’une thématique et se concluent par une dégustation dans l’auditorium du musée, avec une vue exceptionnelle sur Nogent-sur-Seine et ses environs.
- Jeudi 9 juillet : Domaine Raphaëlle Guyot (Yonne)
- Jeudi 10 septembre : Au Comptoir du fromager (Mesnil-Saint-Loup)
- Jeudi 15 octobre : La Ferme de Fontenay (Fontaine-de-Bossery)
Prêts d’œuvres en 2023, de Londres à Chicago
Le musée Camille Claudel prête régulièrement ses œuvres à d’autres musées. C’est une manière de faire rayonner sa collection et d’en garantir l’accès au plus grand nombre. Paris, Londres, Madrid, Varsovie ou encore Chicago : tour d’horizon des destinations des œuvres du musée en 2023.

Camille Claudel, dont la notoriété va croissant en France et à l’étranger, est au cœur de nombreuses expositions. Les prêts de ses œuvres conservées par le musée vont donc eux aussi bon train. Alors que L’Implorante vient de rejoindre la National Gallery de Londres dans le cadre de l'exposition After Impressionism: Inventing Modern Art, L’Homme penché est présenté à la Galerie Kamel Mennour de Paris, au sein d’une exposition consacrée à la représentation du corps masculin par des artistes femmes, Le corps de l’autre.
Dans quelques jours, cap à l’Est pour quatre autres œuvres de la sculptrice, dont le magnifique plâtre patiné Jeune Romain, qui seront présentées au Musée national de Varsovie où l’exposition Pas seulement Camille Claudel mettra à l’honneur les sculptrices polonaises qui se sont formées à Paris à la même époque que Camille Claudel.
A l’automne, direction Madrid pour un bronze des Causeuses, qui est prêté au musée national Thyssen-Bornemisza pour l’exposition Grandes Artistes classiques et modernes, un panorama des artistes femmes nées avant 1914.
L’évènement de l’année est à n’en pas douter la grande exposition monographique dédiée à Camille Claudel aux États-Unis, à partir d'octobre 2023 à l’Art Institute de Chicago puis en 2024 au J. Paul Getty Museum de Los Angeles. À exposition exceptionnelle, prêts exceptionnels : pour la première fois, le musée fait voyager outre-Atlantique des chefs-d'œuvre de la sculptrice parmi lesquels Femme Accroupie, La Vieille Hélène ou encore Homme aux bras croisés.
Un autre grand sculpteur largement représenté dans nos collections s’expose cette année : Alfred Boucher. Le musée Faure d’Aix-les-Bains lui consacre en effet une exposition, dans la ville où il s’est installé en 1889 et a fini ses jours. À cette occasion, le musée Camille Claudel prête des sculptures telles que Jeanne écoutant ses voix ou le bronze de Faune et Bacchante, mais aussi des paysages et des portraits peints par l’artiste.
Le musée Camille Claudel conserve aussi un fonds de peinture, dont seuls quelques tableaux sont présentés dans le parcours permanent mais dont certains sont régulièrement prêtés. En juin, Le Livon peint par Joseph Vernet rejoindra les cimaises du musée d’art et d’histoire de Langres pour l’exposition Les Artistes de Diderot tandis que le Portrait de Claude Bouthillier de Chavigny sera présenté à l’Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes au sein de l'exposition Châteaux de l’Aube. Mille ans d’histoire.
La France
La France
Camille Claudel et Auguste Rodin ont partagé leur vie et leur atelier pendant une dizaine d’années, échangeant des idées, des modèles, des influences. Leur vie commune a aussi donné naissance à quelques œuvres modelées par Rodin d’après les traits de Claudel, y compris après leur séparation comme ici. La sculpture a d’abord porté le titre Princesse byzantine ou Impératrice du Bas-Empire, puis Saint Georges en 1904 et La France en 1912. Cette version en buste est considérée comme une étude précédant le haut-relief. Ce dernier a ensuite été agrandi et offert par l’État français aux États-Unis pour être intégré à un monument dédié à l’explorateur Samuel Champlain (Crown Point, État de New York). L’armure ainsi que le dragon visible sur le casque et la cuirasse se réfèrent à saint Georges mais ils peuvent aussi figurer, sous les traits de Minerve, une allégorie de la France combattante.
Voir aussi dans les collections :
Alfred Boucher, fondateur du musée
Visite du mercredi
Informations pratiques
Lieu :10 rue Gustave Flaubert
10400 Nogent-sur-Seine
14h45
Durée : 1h
Tarif : 4 € par participant en plus du billet d'entrée
La visite est offerte pour les adultes qui confient un enfant à l'atelier
Réservation conseillée :
03 25 24 76 34
L'art de la reprise
Visite du mercredi
Aviez-vous déjà remarqué que, pour sa valseuse et son allégorie de la fortune, Camille Claudel utilise la même figure ? Que La Petite Châtelaine et Aurore ont de nombreux traits communs ? Les sculpteurs réemploient fréquemment une œuvre pour en créer une autre. Qu’il s’agisse de parfaire une première version, d’en changer la signification ou bien de l’intégrer à un nouvel ensemble, explorez l’art de la reprise !
Camille Claudel, La Fortune, 1902-1904, bronze © Marco Illuminati
Informations pratiques
Lieu : Horaires & Tarifs :Durée : 1 heure
Tarif : 4 € par participant en plus du billet d'entrée
Le coût de la visite est offert pour les adultes qui confient un enfant à l'atelier.
Réservation conseillée :
03 25 24 76 34
L'Éternelle Idole
L'Éternelle Idole
Ce couple fait écho au Sakountala de Camille Claudel par sa composition montrant un homme agenouillé aux pieds de son amante. Cependant, là où Claudel exprime la confiance mutuelle et la fusion des amants s’abandonnant à une passion partagée, l’homme est représenté par Rodin dans une attitude de supplication et la femme esquissant un geste de retrait. Le groupe peut être vu comme l’évocation de la relation tumultueuse qui a uni Rodin et Claudel. En 1886, alors que celle-ci avait pris ses distances en partant en Angleterre sans lui, dévoré par la passion, le sculpteur écrivit ainsi une lettre suppliante à celle qu’il appelait « [sa] féroce amie ». Il concluait par cette imprécation qui pourrait émaner du protagoniste de L’Eternelle Idole : « Ah ! divine beauté, fleur qui parle, et qui aime, fleur intelligente, ma chérie. Ma très bonne, à deux genoux devant ton beau corps que j’étreins. »
Voir aussi dans les collections :
Le Jardinier Louis Gabut de Boeswillwald de retour en salle
Alors que nous célébrons aujourd’hui les 150 ans de la naissance de son auteur, ce grand tableau d’Émile Artus Boeswillwald a été intégré au parcours permanent du musée.
Grâce à différents dons et legs, le musée Camille Claudel conserve 36 tableaux et dessins de cet artiste dont la famille possédait une maison à Nogent-sur-Seine. Légué à la ville par Hippolyte Fournier en 1909, Le Jardinier a été choisi pour cet hommage en lien avec la thématique de la salle, consacrée aux représentations du travail.
Cette scène de genre figurant Louis Gabut, jardinier et voisin de l’artiste, s’inscrit dans une série de portraits de proches du peintre représentés dans les activités de leur vie quotidienne.





















