Autour de La Valse
La Valse est une oeuvre emblématique de Camille Claudel qui a connu plusieurs variantes. Dans la première version, un grand format, les danseurs étaient entièrement nus. En 1892, l’artiste a sollicité la commande d’une traduction en marbre. Armand Dayot, l’inspecteur chargé d’examiner le groupe pour le ministère, a été impressionné par sa qualité, mais, pour des raisons esthétiques et morales, il a demandé à la sculptrice d’habiller ses figures. Camille Claudel a alors exécuté une deuxième version avec une draperie s’enroulant depuis les pieds des danseurs jusqu’au-dessus de leurs têtes. Malgré l’avis favorable d’Armand Dayot, la commande du marbre n’a jamais abouti et il ne subsiste de cette étape qu’un exemplaire en bronze. Les variantes présentées ici sont plus tardives. Il s’agit d’une troisième version, de plus petites dimensions et au drapé simplifié. Ces éditions ont été produites pour le commerce et chaque tirage diffère légèrement dans les matériaux choisis et l’assemblage des danseurs.
Œuvres exposées dans cette salle
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Valse, 1889-1893, plâtre patiné et retouché par l’artiste avant 1896, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Valse, 1889-1893, plâtre signé, titré, patiné et retouché par l’artiste avant 1896, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Valse, 1889-1893, édition en grès flammé Émile Muller, no14, 1895, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Valse, 1889-1893, bronze, fonte E. Blot, grand modèle, no5, 1905, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelleen 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Fortune, vers 1900, bronze, fonte E. Blot, no12, 1905, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Sirène ou La Joueuse de flûte, vers 1905, bronze, fonte E. Blot no3, vers 1905, achat à ReineMarie Paris de La Chapelle en 2008
Camille Claudel portraitiste
Camille Claudel s’est exercée tôt à l’art du portrait en faisant poser les membres de sa famille. Son frère cadet, Paul, a été son premier modèle et celui qu’elle a le plus souvent représenté. Durant ses années de formation, elle s’est inspirée d’œuvres qu’elle étudiait, comme celles de la Renaissance italienne au musée du Louvre dont elle a repris les codes pour le Jeune Romain. Camille Claudel a réalisé une vingtaine de portraits dont seulement quatre commandes. Cet art ne constituait pas pour elle une source de revenu, contrairement à la plupart des artistes. Elle faisait preuve d’une grande originalité dans la manière de représenter le modèle et elle mêlait savamment portraits physique et psychologique, là où la plupart de ses contemporains faisaient des portraits plus idéalisés, voire standardisés. Pour ce faire, elle forçait les proportions pour gagner en expressivité et n’hésitait pas à imprimer un mouvement au modèle, qui lui donne de l’importance dans l’espace.
Œuvres exposées dans cette salle
- Jeune Romain ou Mon frère ou Paul Claudel à seize ans, vers 1884, plâtre patiné, dépôt du Département de l’Aube
- Paul Claudel à trente-sept ans, 1905, bronze, fonte P. Converset, 1912-1913, achat aux descendants du modèle avec le soutien de l’État (Fonds national du patrimoine) en 2016
- Buste de femme âgée ou Portrait de Madame Claudel, vers 1883, plâtre, dépôt d’une collection particulière
- Ferdinand de Massary, 1888, bronze, fonte Thiébaut frères, Fumière et Gavignot successeurs, 1898, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- Léon Lhermitte, 1889, bronze, fonte A. Gruet aîné, achat aux descendants du modèle avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées Champagne-Ardenne en 2010
- La Petite Châtelaine, vers 1892-1893, plâtre patiné, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- Auguste Rodin, 1888-1889, bronze, fonte F. Rudier, 1897-1898, achat à Philippe Cressent en 2008
- Jeune Femme aux yeux clos, vers 1885, bronze, fonte Delval, épreuve unique, 1987, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- Giganti, vers 1885, bronze, fonte vraisemblable Gruet, avant 1892, achat à Philippe Cressent en 2008
- Aurore, vers 1900, chef-modèle en bronze, fonte E. Blot, 1908, achat à Philippe Cressent en 2008
- Aurore, vers 1900, bronze à patine verte, Fonte E. Blot no1, 1908, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
Une vocation précoce
Le sculpteur Alfred Boucher a découvert le talent de la jeune Camille Claudel à Nogent-sur-Seine vers 1878 et lui a donné ses premières leçons de sculpture. Il a encouragé ses parents à s’installer à Paris pour qu’elle puisse suivre une formation artistique professionnelle. L’École des beaux-arts étant encore interdite aux femmes, Camille Claudel s’est inscrite à l’Académie Colarossi. En parallèle, elle a loué un atelier où Alfred Boucher lui rendait visite pour suivre son travail. En 1882, il est parti à Florence, suite à l’obtention du prix du Salon, et a confié sa jeune élève à un confrère et ami, Auguste Rodin. Frappé par son talent précoce, ce dernier lui a proposé de rejoindre son atelier en tant qu’assistante. Une période de formation intense a alors commencé, pour assimiler les concepts du maître comme la théorie des profils, la science du modelé et la traduction de l’expression. Elle y est rapidement parvenue comme le démontre Femme accroupie où elle exprime déjà sa singularité.
Œuvres exposées dans cette salle
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Sophie Boucher, vers 1881, bronze, piédouche en marbre, don d’Alfred Boucher, avant 1903.
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Julien Boucher, 1880, bronze, piédouche en marbre, don d'Alfred Boucher, avant 1903
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), La Vieille Hélène, vers 1881-1882, terre cuite, 1885, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Tête de jeune fille au chignon ou Tête de rieuse, vers 1886, terre cuite, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008.
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Tête d’esclave, vers 1887, terre crue, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Homme aux bras croisés, 1885, terre cuite, achat avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles du Grand Est, de la Région Grand Est, de l'association des Amis du musée Camille Claudel et du mécénat d'entreprises en 2017
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Tête d’enfant ou Étude pour un Bourgeois de Calais, 1887, bronze, fonte E. Blot no1, 1907, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Étude de main gauche, vers 1889, bronze, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Femme accroupie, vers 1884-1885, plâtre patiné, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), Femme accroupie, vers 1881-1882, plâtre patiné, petit modèle. dépôt du musée Rodin, Paris
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), L’Homme penché, vers 1886, bronze, fonte Delval, EA I/IV, après 1984, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), Jeune Fille à la gerbe, vers 1886, bronze, fonte Coubertin no3/8, 1983, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), Frère et sœur, plâtre, dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), L’Éternel Printemps, vers 1884, plâtre patiné, dépôt du musée Rodin, Paris
- CAMILLE CLAUDEL (1864-1943), L’Abandon, vers 1886, bronze, fonte E. Blot, petit modèle, no2, 1905, achat à Reine-Marie Paris de La Chapelle en 2008
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), L’Éternelle Idole, 1889, plâtre patiné, grand modèle, dépôt du musée Rodin, Paris
L'atelier de Rodin
Traditionnellement, l’atelier désigne le lieu où l’artiste travaille avec ses assistants et exécutants qui l’aident dans sa tâche. Au XIXe siècle, les ateliers étaient très structurés et beaucoup de personnes pouvaient contribuer à la réalisation des compositions du maître. Quand les assistants réalisaient certaines parties des oeuvres, ils suivaient sa pensée et adoptaient son style. C’était l’occasion pour eux de se perfectionner, de bénéficier de conseils et d’accéder à un réseau de collectionneurs et de professionnels.
En 1864, le jeune Auguste Rodin est entré dans l’atelier d’Ernest Carrier-Belleuse. Il y a appris l’organisation d’un atelier et la répartition des tâches entre les assistants. En 1880, l’État lui a commandé La Porte de l’Enfer et a mis à sa disposition un atelier au dépôt des marbres à Paris. À son tour, il a embauché des assistants, parmi lesquels Jules Desbois, Camille Claudel et François Pompon. Puis en 1893, Antoine Bourdelle a lui aussi rejoint son atelier.
- CHARLES LOUIS AUGUSTE WEISSER (1864-1940), L’Atelier de Rodin, 1888, huile sur toile, don d’Alfred Boucher en 1913
- ANTOINE BOURDELLE (1861-1929), Buste d’Auguste Rodin au travail, 1909, bronze, fonte Godard, épreuve nº7, 1967, dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), Femme nue debout, 1880-1889, figure créée pour La Porte de l’Enfer, plâtre, dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris, don d’Henri Vever en 1905
- ANONYME, Saint Jean-Baptiste, vers 1889, fac-similé d’une épreuve sur papier albuminé retouchée à la gouache, Paris, musée Rodin
- STEPHEN HAWEIS (1878-1969) ET HENRY COLES, L’Homme qui marche, 1903-1904, fac-similé d’un tirage au charbon, Paris, musée Rodin
- ANONYME, Maquette de La Porte de l’Enfer en plâtre (troisième modèle architectural), vers 1881, fac-similé d’une photographie sur papier albuminé, Paris, musée Rodin
- ANONYME, Le Penseur sur un échafaudage placé devant le bâti de La Porte de l’Enfer dans l’atelier du Dépôt des marbres, vers 1882, fac-similé d’une photographie sur papier albuminé, Paris, musée Rodin
- E. FREULER, Étude du torse d’Ugolin, vers 1881, fac-similé d’une photographie sur papier albuminé retouchée à l’encre brune, Paris, musée Rodin
- ANONYME, Je suis belle en plâtre dans l’atelier du Dépôt des marbres, 1882, fac-similé d’une photographie sur papier albuminé retouchée à la plume et encre brune et à la gouache, Paris, musée Rodin
- WILLIAM ELBORNE, Rodin devant La Porte de l’Enfer se reflétant dans un miroir, 1887, fac-similé d’une photographie sur papier albuminé, album Lipscomb, Paris, musée Rodin
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), La Porte de l’Enfer dans l’atelier du Dépôt des marbres (partie supérieure), vers 1898, fac-similé d’une épreuve gélatino-argentique, Paris, musée Rodin
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), La Porte de l’Enfer au Pavillon de l’Alma, 1900, fac-similé d’une épreuve gélatino-argentique, Paris, musée Rodin
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), Celle qui fut la belle Heaulmière, vers 1898, fac-similé d’une épreuve gélatino-argentique, Paris, musée Rodin
- CHARLES BODMER (1854-1929), Jean d’Aire nu dans l’atelier du 117, boulevard de Vaugirard, vers 1886, fac-similé d’une épreuve gélatinoargentique, Paris, musée Rodin
- CHARLES BODMER (1854-1929), Pierre de Wissant nu dans l’atelier du 117, boulevard de Vaugirard, maquette des Bourgeois de Calais en arrière-plan, vers 1886, fac-similé d’une épreuve gélatino-argentique, Paris, musée Rodin
- VICTOR PANNELIER, Eustache de Saint-Pierre en terre dans l’atelier du 117, boulevard de Vaugirard, vers 1886, fac-similé d’une épreuve sur papier albuminé, Paris, musée Rodin
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), Les Bourgeois de Calais à la Folie Payen, Persée et Méduse sur la cheminée, 1898, fac-similé d’une épreuve sur papier albuminé, Paris, musée Rodin.
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), Vue intérieure du pavillon de l’Alma, Les Bourgeois de Calais, 1900, fac-similé d’après une plaque de verre au gélatino-bromure d’argent, Paris, agence photo RMN-Grand Palais, fonds Druet-Vizzanova
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), Étude de nu pour le Monument à Balzac, dans l’atelier de la Folie Payen, vers 1897, fac-similé d’une épreuve gélatino-argentique, Paris, musée Rodin.
- D. FREULER, La robe de chambre de Balzac en cours de moulage dans l’atelier du Dépôt des marbres, 1897, fac-similé d’une épreuve sur papier salé, Paris, musée Rodin
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), Monument à Balzac dans l’atelier du Dépôt des marbres, vers 1897, fac-similé d’une épreuve gélatinoargentique, Paris, musée Rodin
- EDWARD STEICHEN (1879-1973), Towards the light – Midnight, 1908, fac-similé d’un tirage au charbon et platinotype, Paris, musée Rodin
- CHARLES BODMER (1854-1929), Le Poète et la Sirène en plâtre, vers 1889, fac-similé d’une épreuve sur papier albuminé retouchée à la plume et encre brune, Paris, musée Rodin
- EUGÈNE DRUET (1867-1916), Le Poète et la Sirène ou La Vague, vers 1898, plusieurs fac-similés d’une épreuve gélatino-argentique, Paris, musée Rodin
- JULES DESBOIS (1851-1935), La Misère, 1893-1894, terre cuite (terre moulée avec reprises sur la terre humide), achat en 2012
- JULES DESBOIS (1851-1935), Tête de Sisyphe, vers 1908, plâtre et socle en bois, dépôt du musée des Beaux-Arts de Tours, don famille Desbois, 1936
- FRANÇOIS POMPON (1855-1933), Cochon du Yorkshire, 1923-1930, bronze à patine verte, fonte à la cire perdue Valsuani, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Paris, legs de François Pompon en 1933
- FRANÇOIS POMPON (1855-1933), Tête de panthère mouchetée, 1921-1922, bronze à patine verte, fonte à la cire perdue Valsuani, 1928, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Paris, legs de François Pompon en 1933
- FRANÇOIS POMPON (1855-1933), Paysanne pensive (la tête dans la main gauche), 1905, plâtre, dépôt du musée d’Orsay, Paris
- ANTOINE BOURDELLE (1861-1929), Femme bras sur la tête ou Femme bras levés, en blouse, 1907, bronze, fonte Coubertin, épreuve nº6, 1990, dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris
- ANTOINE BOURDELLE (1861-1929), Guerrier allongé au glaive, étude pour le Monument aux combattants et défenseurs du Tarn- et-Garonne de 1870-1871 (1893-1902), 1909, bronze, fonte Susse frères, épreuve no7, 1989, dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris
- ANTOINE BOURDELLE (1861-1929), Masque d’Apollon, 1898-1909, bronze, fonte Susse frères, épreuve no7, 1982, dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris
Le corps en mouvement
La représentation du corps en mouvement a constitué un enjeu majeur du renouvellement de la sculpture à la fin du XIXe siècle. Donner l’impression d’un mouvement, par nature éphémère, est à première vue contradictoire avec l’idée de sculpture, art de la fixité et de la durée.
C’est précisément à ce défi que des sculpteurs se sont attelés en cherchant différents moyens de donner la sensation du corps en action. Cette recherche n’est pas apparue au XIXe siècle et depuis l’Antiquité, certains sculpteurs sont parvenus à animer leurs œuvres. Le groupe du Laocoon, emblématique de la sculpture grecque tardive, ou les chefs-d’oeuvre du Bernin, au XVIIe siècle, en témoignent. Mais l’invention de la chronophotographie dans les années 1870 et le renouveau de la danse à la fin du XIXe siècle ont relancé l’intérêt des artistes. Ces références ont créé une véritable émulation et initié de nombreuses recherches techniques et formelles qui témoignent d’un nouveau regard porté sur le corps dans l’espace.
Œuvres exposées dans cette salle
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Ballerina ou La Danseuse espagnole, 1884, bronze d’édition, réduction nº2, fonte probable Siot-Decauville, achat avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées Champagne-Ardenne en 2002
- PIERRE ROCHE (1855-1922), La Danse du papillon de Loïe Fuller, avant 1900, élément de la frise décorative courant sous la toiture du théâtre de Loïe Fuller conçu par Henri Sauvage pour l’Exposition universelle de 1900, terre cuite, dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris, Don de Louis Massignon et sa sœur en souvenir de leur mère en 193
- PIERRE ROCHE (1855-1922), Loïe Fuller dansant dans Salomé, 1907, plâtre teinté, dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris, don de Louis Massignon et sa sœur en souvenir de leur mère en 1931.
- JULES DESBOIS (1851-1935), La Danse, 1907, plâtre patiné, dépôt du musée du Petit Palais, musée de la Ville de Paris
- AUGUSTE RODIN (1840-1917), Mouvement de danse C, 1911, plâtre, dépôt du musée Rodin, Paris, don d’Auguste Rodin
- AGATHON LÉONARD VAN WEYDEVELDT (1841-1923), Cinq des douze danseuses du surtout de table Le Jeu de l’écharpe, Commande de la Manufacture de Sèvres pour l’Exposition universelle de 1900, édition en biscuit de porcelaine dure en deuxième grandeur par la Manufacture nationale de Sèvres (à partir de 1902). Danseuse chantant nº2, 1909, achat avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées Champagne-Ardenne, 2007. Danseuse à la marguerite nº7, 1913, achat avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées ChampagneArdenne, 2007. Danseuse relevant sa jupe nº9, 1900, achat avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées ChampagneArdenne, 2008. Danseuse au tambourin à droite nº4, achat, 2014. Danseuse au tambourin à gauche nº6, achat, 2014.
- ANTOINE BOURDELLE (1861-1929), Le Jeu du voile, variante avec cactus, 1910, bronze, fonte Susse frères, épreuve nº1, 1991, dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris
- ANTOINE BOURDELLE (1861-1929), Projet de monument à Falcon, 1911, d’après Isadora Duncan, bronze fonte Clementi, épreuve nº2, 1968, Dépôt du musée Bourdelle, musée de la Ville de Paris
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Les Ondines ou Les Nymphes de la Seine, 1899, d’après la colonne centrale de la fontaine réalisée par la Manufacture nationale de Sèvres pour l’Exposition universelle de 1900, édition en grès émaillé par la Manufacture nationale de Sèvres, 1900, dépôt de la Cité de la céramique, Sèvres
- PAUL RICHER (1849-1933), La Poursuite ou La Course (groupe de trois coureurs), vers 1900, plâtre, dépôt du musée de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Au But, 1886, bronze d’édition, réduction nº1, fonte F. Barbedienne, dépôt du musée des Beaux-Arts de Reims
Les sujets historiques
Le XIXe siècle a été le siècle de l’histoire par excellence. Dans le contexte révolutionnaire, impérial et sous la Restauration, il est apparu crucial de maîtriser le récit des événements du passé. Chaque régime politique s’est ainsi approprié l’histoire et durant les premières décennies du XIXe siècle, une réflexion sur la méthodologie des sciences historiques a été entamée.
Dans ce contexte, l’archéologie avait une importance capitale et Napoléon III a initié des chantiers de fouilles, notamment sur le site supposé d’Alésia, à Alise-Sainte-Reine en Bourgogne.
L’importance donnée à l’histoire s’est traduite dans les arts par la fondation de musées et par la production d’œuvres qui témoignent d’une recherche de véracité historique. La formation des artistes a aussi été adaptée : un cours d’histoire basé sur le costume et les mœurs antiques a été dispensé à partir de 1819 à l’École des beaux-arts puis une chaire d’histoire et une chaire d’archéologie ont été ouvertes en 1863.
- HENRI ALLOUARD (1844-1929), Héloïse ou Loin du monde, 1894, marbre gris bleuté et marbre blanc, dépôt du musée d’Orsay, Paris
- EMMANUEL FREMIET (1824-1910), Entrée triomphale de Mérovée à Châlons-sur-Marne, modèle en plâtre du haut-relief en bronze argenté ornant le médaillier de Charles Guillaume Diehl présenté à l’Exposition universelle de 1867, dépôt du musée d’Orsay, Paris
- THÉODORE RIVIÈRE (1857-1912), Charles VI et Odette de Champdivers, vers 1897, ivoire, marbre et bronze, dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris, legs Georges Berger en 1925
- EMMANUEL FREMIET (1824-1910), Homme en costume Henri II, dépôt du musée d’Orsay, Paris
- ÉMILE LAPORTE (1858-1907), Gaulois, vers 1885, bronze, achat en 1993
- PAUL DUBOIS (1829-1905), Statue équestre de Jeanne d’Arc, 1889, bronze d’édition, fonte F. Barbedienne, réduction mécanique A. Collas, 1895, achat en 1999
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Jeanne d’Arc écoutant ses voix, 1907-1911, édition en réduction, bronze, marbre et granit, fonte Susse frères, achat en 1999
- ALFRED BOUCHER (1850-1934), Minerve s’armant ou S’il le faut, vers 1905, réduction en marbre blanc, achat avec la participation du Fonds régional d’acquisition pour les musées Champagne-Ardenne en 1995
Camille Claudel
Visite thématique
Après être tombée dans l’oubli pendant plusieurs décennies, Camille Claudel est aujourd’hui reconnue pour avoir été un des plus grands artistes de son temps. Comment a-t-elle commencé à modeler ? Quelle formation a-t-elle suivie, à une époque où l’École des Beaux-arts excluait les femmes ? Quels ont été ses défis, ses sources d’inspiration, ou encore ses plus grands succès ? Cette visite d’une heure replace le parcours de Camille Claudel dans son contexte historique et biographique et vous permet de découvrir la plus importante collection d’œuvres de l’artiste.
Camille Claudel, Aurore, vers 1900, bronze à patine verte © Marco Illuminati
Informations pratiques
Lieu : Horaires & Tarifs :Char de Diane et Char de Minerve
Char de Diane et Char de Minerve
Ces deux chars font partie du grand surtout de table élaboré par Emmanuel Fremiet et la Manufacture de Sèvres pour le palais de l’Elysée et exposé à l’Exposition universelle en 1900. Cet ensemble de sept groupes mythologiques dont certains mesurent près d’un mètre de haut était destiné à décorer le milieu de la table lors des dîners officiels les plus prestigieux.
Minerve est bien reconnaissable grâce à ses attributs : le serpent lové à l’arrière du char, la chouette ornant son bouclier, la branche d’olivier qu’elle tient à la main, le casque à cimier et l’égide qu’elle porte sur les épaules ; la lance est manquante sur cet exemplaire. La représentation de Diane est plus déroutante : l’arc, les flèches et le diadème orné d’un croissant de lune sont bien ses attributs habituels, le chien et l’ours font référence à ses activités de chasseresse. En revanche, les rennes qui tirent le char, la peau d’ours qu’elle porte sur le dos, la branche de pin qu’elle tient à la main ainsi que la neige marquée par les empreintes de roues et de pattes font référence à un monde nordique étranger à Diane. Dans ses comptes-rendus de l’exposition en 1900, la presse évoque une « Diane finlandaise », suggérant un syncrétisme des mythologies gréco-romaine et nordique sans donner plus de précisions.
Ces objets de prestige aux formes complexes ont aussi donné à la Manufacture de Sèvres l’opportunité de démontrer l’étendue de son savoir-faire. Chaque groupe est ainsi constitué d’un grand nombre de pièces moulées séparément et assemblées ensuite. La presse s’est aussi faite l’écho des différentes tentatives nécessaires pour cuire le premier exemplaire du Char de Minerve en raison de la finesse des pattes des rennes, montrant la prouesse technique réussie par la Manufacture.
Voir aussi dans les collections :
Monument au docteur Ollier
Monument au docteur Ollier
Ce plâtre est le modèle des deux monuments en bronze érigés à Lyon en 1904 et aux Vans en 1905, en hommage au docteur Léopold Ollier (1830-1900). Né aux Vans, nommé chirurgien major à l’Hôtel-Dieu de Lyon en 1860 et professeur à la faculté de médecine de cette ville en 1877, celui-ci est considéré comme le fondateur de la chirurgie orthopédique moderne, à l’origine d’avancées décisives dans la chirurgie réparatrice qui utilise les propriétés de régénération des os pour éviter l’amputation. Il a notamment mis en œuvre ces principes novateurs au cours de la guerre de 1870, où il a déployé une intense activité avant d’être fait prisonnier par les Prussiens. Il est représenté un bistouri à la main, vêtu de sa robe académique et portant les insignes de commandeur de la Légion d’honneur. Le monument de Lyon a été érigé grâce à une souscription internationale et son ampleur témoigne de la renommée dont jouissait alors le médecin, d’autant que le reliquat de la souscription a financé une partie de la statue des Vans. Gabriel Bonvalot, gendre d’Ollier et proche de Boucher, a peut-être été à l’origine de l’attribution de la commande au sculpteur. Le docteur possédait d’ailleurs au moins une sculpture de l’artiste dans sa collection personnelle, un marbre du Nu devant un paysage marin, conservé lui aussi au musée Camille Claudel. Alors que les Vansois sont parvenus à sauver le leur, le monument lyonnais a été refondu pendant la Seconde guerre mondiale, dans le cadre de la mobilisation des métaux non ferreux par le gouvernement de Vichy.

















