Loïe Fuller dansant dans salomé
Loïe Fuller dansant dans salomé
Don de Louis Massignon et de sa sœur en souvenir de leur mère, 1931
Loïe Fuller était une danseuse américaine qui s’est produite à Paris dès 1892. Elle a renouvelé les arts de la scène par son utilisation de jeux de lumières et de voiles déployés dans l’espace grâce à deux baguettes qui prolongeaient ses bras. Proche du mouvement Art nouveau, la danseuse trouvait son inspiration dans la nature, ses mouvements et ses ondoiements.
Ses recherches de formes et volumes dans l’espace, les effets de couleurs, ont inspiré les peintres et les sculpteurs de son époque. Loïe Fuller dansant dans Salomé de Pierre Roche en témoigne. Le voile y envahit tout l’espace, s’approche de la danseuse, telle une vague. Le personnage, effrayé, recule son buste, s’éloignant ainsi du voile. Il est possible d’entrevoir ce qui semble tant épouvanter la jeune femme : Pierre Roche joue de l’informe de ce voile pour faire apparaître une tête que seul l’observateur attentif peut admirer.
Salomé est un épisode biblique des évangiles raconté par Marc et Matthieu. Hérode épouse Hérodiade, ancienne femme de son demi-frère Philippe. Jean le Baptiste réprouve ce mariage, provoquant alors la colère d’Hérodiade. Ainsi, lorsque sa fille Salomé danse devant le roi émerveillé qui lui promet alors tout ce qu’elle souhaite, Hérodiade pousse sa fille à demander la tête de Jean le Baptiste. Bien que contrarié, Hérode obtempère.
Cet épisode a largement séduit musiciens, écrivains, poètes de la fin du XIXe siècle et début XXe siècle, notamment pour son aspect orientaliste. Loïe Fuller a elle-même proposé deux spectacles différents de Salomé, en 1895 puis en 1907. C’est la tragédie de 1895, inspirée de la pièce d’Oscar Wilde qui est évoquée par Pierre Roche. Aux effets de lumière et de voile, le sculpteur répond par l’évanescence d’un visage dans le drapé, que l’on devine être celui de Jean le Baptiste.
Voir aussi dans les collections :
Histoires invisibles
Performance dansée
avec la compagnie La Poétique des signes
Un solo de danse d'Alice Lada, ponctué d'interventions du chorégraphe Raphaël Cottin, et nourri par les gestes des sculptures de Camille Claudel et de ses contemporaines.
Informations pratiques
Lieu : Horaires & Tarifs :
Durée : 45 minutes
Gratuit, dans la limite des places disponibles
Renseignements :
03 25 24 76 34
Atelier de création sonore Bruitages
avec l'artiste Anne-Line Drocourt
À partir d'objets de la vie quotidienne (essoreuse, gobelet...), vous donnez une "vie sonore" aux sculptures : avec quoi faire cavaler le cheval de la Jeanne d'Arc de Paul Dubois ? Et si le grand Docteur Ollier s'animait... quel vacarme ferait-il ? Cet atelier vous propose d'imaginer une narration sonore autour des œuvres, et de la bruiter à plusieurs mains.
Alfred Boucher, Monument au docteur Louis Léopold Ollier, avant 1904, plâtre © Marco Illuminati
Informations pratiques
Lieu : Horaires & Tarifs :Tout en mouvement - séance de Munz floor®
avec Virginie Mercier, professeure de danse ***COMPLET***
Et si les sculptures vous mettaient en mouvement ? Guidé par la pratique innovante et douce du Munz floor®, à la croisée du soin et de la danse, votre corps se déploie lentement, votre colonne ondule : les tensions se relâchent, la mobilité s’améliore, et une profonde sensation de bien-être s’installe. Un dialogue s'installe entre le mouvement des formes sculptées et celui de votre propre corps, dans une expérience sensorielle accessible à tous.
Proposée pour la première fois dans la région, cette séance découverte offre une rencontre inédite entre art, mouvement et perception corporelle.
Tous niveaux, y compris débutants. Venez habillés confortablement et chaudement, apportez un pull et un tapis.
Pour en savoir plus sur la pratique du Munz floor® : https://www.atelier-danse-en-chantier.com/munz-floor
Informations pratiques
Lieu : Horaires & Tarifs :15h
Durée : 1h30
Tarif : inclus dans le billet d'entrée au musée
Dès 16 ans
Réservation conseillée
03 25 24 76 34
Portraits entrecroisés
Hors-d’œuvre
Un jeudi par mois, profitez de votre pause déjeuner pour découvrir en vingt minutes une œuvre, un artiste ou une thématique avec un médiateur du musée. Puis, rendez-vous à l'auditorium pour un déjeuner partagé !
Camille Claudel et ses camarades d’atelier ont posé les unes pour les autres. Découvrez leurs portraits, qui figurent parmi les premières œuvres ambitieuses de ces apprenties artistes et qui témoignent de leur complicité.
Informations pratiques
Lieu : Horaires & Tarifs :Masque d'Apollon
Masque d'Apollon
Legs de Rhodia Dufet-Bourdelle à la Ville de Paris en 2002. Fonte Susse frères, épreuve n°7, 1982
La Tête d’Apollon fait partie des nombreux sujets antiques traités par Antoine Bourdelle, qui lui ont inspiré quelques-unes de ses œuvres les plus marquantes : Pénélope, Héraklès archer, Centaure mourant et, donc, Apollon. L’artiste nous propose une vision originale de ses traits, à rebours de l’habituelle représentation lisse et idéalisée du dieu des arts, incarnation de l’harmonie et de la beauté masculine.
Cette œuvre atypique est issue d’une longue gestation qui a duré de 1898 à 1909. La tête initialement modelée est restée entreposée dans l’atelier de l’artiste et s’est déformée et craquelée, en particulier autour de l’œil et sur la joue gauche. Lorsque Bourdelle l’a retrouvée plusieurs année après, il a décidé de la mouler telle quelle, intégrant dans son œuvre les accidents causés par le dessèchement de la terre. Il a ensuite complété ce Masque pour créer la Tête d’Apollon en ronde-bosse, toujours marquée par les stigmates du temps comme autant de cicatrices attestant la puissance terrible du dieu.
Bourdelle a expliqué que cette œuvre avait marqué un tournant dans son parcours d’artiste, le moment où il s’était détaché de la manière de son ancien maître Auguste Rodin. Il lui a d’ailleurs offert le plâtre original du Masque, dédicacé « Au grand maître Rodin ». Celui-ci a ainsi résumé les voies divergentes prises par leur travail : « Pour moi, la grande affaire, c’est le modelé. Pour Bourdelle, c’est l’architecture. J’enferme le sentiment dans un muscle. Lui il le fait jaillir dans un style. »
Voir aussi dans les collections :
Bartholdi, Champollion et le sphinx – monuments publics en débat
Visite guidée de l'exposition
Quels étaient les liens du sculpteur Auguste Bartholdi avec l’Égypte ? Dans quel contexte le Monument à Champollion lui a-t-il été commandé ? Quelles ont été les différentes étapes de son élaboration ? Comment sa réception a-t-elle évolué au fil des ans ? Suivez le guide, il répond à toutes ces questions !
L’exposition se prolonge dans le parcours permanent du musée, où vous découvrirez à quel point les monuments publics ont passionné la France de la fin du XIXᵉ siècle et pourquoi certains font aujourd’hui débat.
Auguste Bartholdi, Esquisse pour le monument à Champollion, terre cuite, Colmar, musée Bartholdi © Chr. Kempf
Informations pratiques
Lieu : Horaires & Tarifs :15 h
Durée : 1 heure
Tarif : 4 € par participant en plus du billet d'entrée
Souris et escargot
Souris et escargot
Souris et escargot est emblématique de toute une partie de la sculpture d’édition, représentant des sujets anecdotiques et charmants, de petite taille, faciles à exposer dans les intérieurs bourgeois richement décorés de la fin du XIXe siècle. L’édition consiste à reproduire en série une œuvre originale, souvent dans des dimensions et des matériaux variés. Elle est à la croisée de l’art et de l’industrie.
La sculpture animalière connaît un grand succès au XIXe siècle, d’abord avec le Romantisme, puis le Réalisme. Georges Gardet s’inscrit dans cette tradition, à la suite de son maître Emmanuel Fremiet. Il réalise notamment de nombreuses compositions de grande taille mettant en scène des animaux sauvages pour orner des parcs ou des monuments. Beaucoup sont par la suite édités en bronze et en réduction. Ici, Gardet conçoit directement une sculpture destinée à l’édition, avec un thème et une taille adaptés. Les sculptures en biscuit de porcelaine de Sèvres connaissent un grand succès pour leur raffinement et leur blancheur parfaite. Le biscuit est une porcelaine cuite sans glaçure ; il garde donc son aspect mat, qui plait particulièrement à cette époque. Grâce à son coût modéré, le biscuit permet de diffuser largement ces sculptures.
Voir aussi dans les collections :
Ève naissante
Ève naissante
Cette œuvre en plâtre grandeur nature, réalisée par Paul Dubois en 1873, s’intitule Ève naissante. Elle est issue d’un long travail préparatoire : les carnets de croquis présentent des dizaines d’esquisses, où le sculpteur varie les postures, présentant Ève tantôt pudique, se cachant avec ses bras, tantôt tentatrice. Les croquis du modèle vu de tous les côtés révèlent la rigueur de Dubois, qui passe ensuite à des études en cire avant d’arriver au modèle définitif.
Dubois fait le choix de présenter Ève non pas au moment du péché originel mais juste après sa création. Il montre donc Ève totalement innocente. La posture reprend celle de La Naissance de Vénus de Botticelli et des Vénus de Lucas Cranach, indiquant la principale source d’inspiration de Paul Dubois : la Renaissance, florentine et allemande. Les formes du corps se rapprochent aussi du canon féminin de l’école de Fontainebleau qui domine l'art français dans les années 1530-1610 : hanches larges et épanouies, poitrine menue et haut placée. Le contrapposto à l’antique, c’est-à-dire l’inclinaison marquée des hanches et des épaules, donne vie au corps de la jeune femme.
Paul Dubois s'inscrit dans les recherches contemporaines sur le corps féminin, abordées par les artistes à travers des sujets mythologiques, allégoriques, ou plus rarement, comme ici, bibliques. Elles donnent lieu à de nombreux débats entre les partisans d'une beauté idéale, inspirée de l'Antique ou de la Renaissance, et les partisans du réalisme, cherchant à montrer de « vraies » femmes ou de nouveaux canons de beauté.
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Jeune Fille lisant
Jeune Fille lisant
Dédicacée « à Camille Claudel, en souvenir d’A. Boucher », cette statuette témoigne de l’importance de l’auteur dans la formation de la sculptrice. Camille Claudel a fait la connaissance d’Alfred Boucher alors qu’elle vivait à Nogent-sur-Seine, entre 1876 et 1879. Elle avait commencé à modeler la terre en complète autodidacte et le jeune artiste lui a prodigué un premier enseignement. Après son installation à Paris, Claudel s’est inscrite à l’académie Colarossi mais, en parallèle, elle a loué un atelier rue Notre-Dame-des-Champs avec d’autres jeunes artistes. Boucher y est venu régulièrement corriger leurs travaux, jusqu’à son départ pour Florence à l’automne 1882. C’est peut-être à l’occasion de son départ pour l’Italie qu’il a offert la statuette à son élève.L’âge du modèle et le livre ouvert évoquent l’adolescente Camille Claudel, décrite par Mathias Morhardt comme une « lectrice passionnée des poèmes d’Ossian ». Cependant, les traits du visage ne ressemblent pas aux photographies de la jeune fille. Ils évoquent la physionomie d’Elise Viat, la future épouse d’Alfred Boucher mais, née en 1850, celle-ci semble trop âgée au moment de la réalisation de l’œuvre. Dès lors, l’identification du modèle de la Jeune fille lisant reste un mystère.



