Torse de Clotho chauve

<i>Torse de Clotho chauve</i> <i>Torse de Clotho chauve</i> <i>Torse de Clotho chauve</i>

Torse de Clotho chauve

vers 1893 H. 41 cm • L. 20 cm • Pr. 15 cm Origine : achat à Reine-Marie Paris en 2008 N° d'inventaire : 2010.4.4 Copyright : Marco Illuminati

Fonte Claude Valsuani, n°3/8, après 1984 - Inscription : "C. Claudel / Fonte C. Valsuani 3/8"


Dans la mythologie grecque, les Moires sont trois sœurs présidant à la destinée humaine, symbolisée par un fil : la plus jeune, Clotho le file, Lachésis le dévide et Atropos le coupe. Or, Camille Claudel représente ici Clotho comme une vieille femme décharnée, à la peau flétrie et tombante, dont le visage creusé aux orbites presque vides tient plutôt de la tête de mort… Elle condense la triade mythologique en un seul personnage. Camille Claudel reprend ici des thèmes qui lui sont chers, la destinée humaine et la vieillesse.

Ce buste de Clotho chauve est probablement une étude pour une figure présentée en 1893 au Salon : Claudel expose une version en plâtre de Clotho, en pied. La vieille femme est emprisonnée dans une épaisse chevelure, qui forme une résille masquant le haut du visage, et dont le poids semble la paralyser. On peut penser que l’artiste fait de ces épais cheveux une image du fil de la destinée. Cette œuvre fait une forte impression aux critiques d’art, qui consacrent Camille Claudel comme une des grandes sculptrices de son temps. Mathias Morhardt organise une souscription pour offrir une version en marbre de Clotho au musée du Luxembourg, mais l’œuvre est refusée par le musée puis disparaît mystérieusement.

La sculptrice a probablement pris pour modèle Maria Caira, modèle italien ayant aussi posé pour Auguste Rodin et Jules Desbois. Elle partage ainsi avec d’autres sculpteurs une réflexion offrant un nouveau regard sur la vieillesse : nulle idéalisation, elle insiste au contraire sur l’horreur que peut susciter ce corps flétri par l’âge, tout en lui donnant une grande dignité.

Gaulois

<i>Gaulois</i> <i>Gaulois</i> <i>Gaulois</i>

Gaulois

vers 1885 H. 83 cm • L. 31 cm • Pr. 27 cm Origine : Achat en 1993 N° d'inventaire : 1993.2 Copyright : musée Camille Claudel / Yves Bourel

Le Gaulois d’Emile Laporte s’inscrit dans un contexte de profusion de figures de Gaulois en sculpture mais également en peinture, à la fin du XIXe siècle. Le sculpteur utilise l’iconographie propre à la représentation des Gaulois à cette époque : il dote son personnage d’une chevelure abondante, d’une moustache tombante et d’un casque à ailes. Cette image est en partie issue des textes antiques traitant de Vercingétorix et des Gaulois, et plus particulièrement La Guerre des Gaules de César. L’équipement de ce personnage reflète aussi les dernières découvertes archéologiques effectuées sur le territoire, en mélangeant des objets datant d’époques très éloignées dans le temps. Il est armé d’une épée à antennes de l’âge du fer, d’une hache en pierre polie néolithique et d’un casque à crête de l’âge du bronze doté d'ailes fantaisistes. Les chausses souples et moulantes sont de type médiéval. Le succès de l’œuvre reflète la celtomanie qui touche l’Europe depuis la fin du XVIIIe siècle. A cette époque les Gaulois ne sont que les héros disparus d’une histoire lointaine, dont il reste peu de traces visibles. Presque un siècle plus tard, afin de mieux connaître ce passé, Napoléon III entreprend des fouilles à Alise-Sainte-Reine, en Bourgogne, sur le site supposé d'Alésia, dont les découvertes sont exposées au nouveau musée des Antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye.

Grâce aux travaux des historiens, les Gaulois accèdent à une immense popularité vers le milieu du XIXe  siècle, tandis qu’avec son Histoire des Gaulois, Amédée Thierry impose Vercingétorix comme un combattant de la liberté, premier des grands hommes, en somme, de la nation française. Dans cet esprit, Laporte reste fidèle à la représentation classique de la figure du héros, en représentant son Gaulois dans une pose victorieuse.

Cochon du Yorkshire

<i>Cochon du Yorkshire</i>

Cochon du Yorkshire

1923-1930 H. 12 cm • L. 6 cm • Pr. 16 cm Origine : legs de François Pompon à l'État français en 1933 ; dépôt du Muséum national d'histoire naturelle, Paris N° d'inventaire : 3453 (16) Copyright : musée des Beaux-Arts de Dijon / François Jay

Fonte à la cire perdue C. Valsuani


Un cochon, fût-il en bronze, voilà qui n'est pas commun dans un musée. François Pompon a sculpté de nombreux animaux, dont le plus célèbre est son fier Ours blanc (1922). Les sculpteurs animaliers ont souvent privilégié les bêtes majestueuses et triomphantes... Bien loin de ce paisible cochon de taille modeste, au corps ramassé et aux yeux rusés, le groin légèrement retroussé et la queue tire-bouchonnée. Le titre précise que c'est un spécimen du Yorkshire, mais la simplification des formes évoque l'idée du cochon plutôt qu'une espèce particulière.

Si François Pompon se consacre presque exclusivement à la représentation des animaux à partir de 1905, il a auparavant passé des heures à sculpter des corps humains, en tant que praticien puis chef de l'atelier d'Auguste Rodin. Il y a appris l'art de l'observation, l'importance de la lumière sur le rendu des volumes et la manière de traduire le mouvement, qu'il applique ensuite à la sculpture animalière. Mais il abandonne le style expressionniste de Rodin au profit d'une douceur épurée et silencieuse. Il était connu pour arpenter les allées de la ménagerie du Jardin des Plantes, à Paris, avec un établi mobile qu'il portait à l'épaule. Après avoir modelé l'animal sur le vif de manière réaliste, il retirait les détails pour ne garder que l'essentiel de la forme, cherchant la synthèse entre simplification du volume et force d'expression.

François Pompon et Camille Claudel ont travaillé ensemble dans l’atelier d’Auguste Rodin. Des années après, ils ont à nouveau collaboré. En effet, en 1902, Pompon a mis son habileté technique au service de l’œuvre de sa consœur en taillant le marbre de Persée et la Gorgone.

Paysanne reprisant

<i>Paysanne reprisant</i>

Paysanne reprisant

Vers 1900 H. 130 cm • L. 69 cm • Pr. 49 cm Origine : dépôt du musée des Arts décoratifs, Paris N° d'inventaire : 29155 Copyright : Les Arts décoratifs, Paris / Jean Tholance

Paysanne reprisant est une sculpture en bronze conçue par Ernest Nivet vers 1900. Fils d’ouvriers agricoles, Ernest Nivet connaît de l’intérieur le monde paysan qu’il décrit dans ses œuvres. Il participe lui-même aux travaux des champs pendant son enfance et il prend pour modèle ses proches, famille et amis, lorsqu’il commence la sculpture.

La figure de Paysanne reprisant est caractéristique de son œuvre et de son style : cette femme silencieuse, absorbée dans sa tâche, est traitée avec naturalisme, sans idéalisation, ni misérabilisme. Le costume, finement décrit, reste épuré : il est traité en grands aplats, et ses lignes simples structurent la figure. Le corps est bien sensible sous le tissu et confère une présence tangible au personnage. Le visage baissé, les mains concentrées dans le travail donnent à cette femme une profonde vie intérieure. C’est là la devise de Nivet : « Exprimer le plus possible dans le moins possible ».

La société bourgeoise de la fin du XIXe siècle valorise le monde paysan nourricier, la valeur du travail, et redécouvre les traditions locales avec le développement du folklore. Dans ce contexte, Ernest Nivet connaît un grand succès avec ses figures paysannes laborieuses, sans pourtant jamais céder au pittoresque. Ses personnages, énigmatiques, gardent toujours une part de mystère et sont représentés avec une profonde dignité.

La Misère

<i>La Misère</i> <i>La Misère</i>

La Misère

1884 - 1894 H. 38,5 cm • L. 26 cm • Pr. 16 cm Origine : achat en 2012 N° d'inventaire : 2012.1 Copyright : Marco Illuminati

La Misère a été réalisée entre 1884 et 1894 par Jules Desbois, sculpteur qui a été praticien d’Auguste Rodin et l’a assisté.

Au-delà d’une simple représentation de vieille femme, l’œuvre est une allégorie de la misère, comme en témoignent le titre et le corps flétri par le temps, que la femme tente désespérément de cacher. Absente, la personne se recroqueville, car le seul tissu qu’elle possède désormais est un haillon qui ne peut plus la couvrir. Lorsque vous viendrez au musée, contemplez cette vieille femme. Vous discernerez sous ce reste de chair le squelette du personnage. Et vous trouverez la femme émouvante.

Le modèle de La Misère se nommait Maria Caira, était italienne et a également posé pour Auguste Rodin et Camille Claudel. Il y eut des légendes autour d’elle. C’est probablement Rodin qui l’a recommandée à Desbois, mais l’inverse, plus contestable, a également été avancé. Une version aussi amusante qu’invraisemblable est contée par Octave Mirbeau : le modèle de 82 ans serait venu d’Italie à pied voir son fils une dernière fois. Ces hypothèses témoignent surtout de l’intérêt que suscite la personne cachée derrière les personnages incarnés.

Enfants et adolescents emploient régulièrement le terme « bizarre » lorsqu’il leur est demandé ce qu’ils pensent de La Misère. Pourquoi le sculpteur représente-t-il une personne qu’ils jugent repoussante ? Ils ne conçoivent pas qu’une œuvre puisse être belle parce qu’elle exalte la vieillesse avec une telle justesse. En regardant cette sculpture, l’affirmation de Rodin rapportée par Paul Gsell, critique et écrivain, prend tout son sens : « Ce qu’on nomme communément laideur dans la nature peut dans l’art devenir d’une grande beauté. » L’art est effectivement l'une des manières de saisir la beauté de la vieillesse.

La sculpture, art du volume

Mercredi 4 mars de 14h45 à 15h45

Visite du mercredi

La sculpture, art du volume
Mercredi 4 mars de 14h45 à 15h45

Visite du mercredi

Comment les sculpteurs composent-ils leurs œuvres ? Qu’il s’agisse d’une ronde-bosse ou d’un relief, la sculpture prend place dans un espace défini, qui contraint parfois le sculpteur à faire des choix. Notre guide vous propose d’explorer ce sujet en contemplant Le Chagrin de George Loiseau-Bailly, L’Âge de pierre de Gabriel-Jules Thomas ou encore Loïe Fuller dansant dans Salomé de Pierre Roche.

 

 

Gabriel-Jules Thomas, L'pAge de pierre, 1893, plâtre © Marco Illuminati 

Informations pratiques

Lieu : Horaires & Tarifs :

Durée : 1 heure

 

Tarif : 4 € en plus du billet d'entrée au musée

La visite est offerte pour les adultes qui confient un enfant à l'atelier

 

Réservation conseillée 
en ligne
03 25 24 76 34
par mail

Activités en lien :

Politique de protection des données personnelles

 

Informations générales

Le musée Camille Claudel est l’éditeur du contenu du site internet museecamilleclaudel.fr.

Les messages électroniques comprenant vos coordonnées (identité, adresse, adresse électronique, n° de téléphone) sont exploités par le musée Camille Claudel pour répondre à vos demandes. Ils sont destinés aux services du musée Camille Claudel chargés de leur traitement.

Les adresses de messagerie recueillies dans le cadre de la liste de diffusion ne sont utilisées que pour l’envoi de la lettre d'information et la gestion de votre abonnement.

Mesures de sécurité

Tous les échanges avec notre site internet sont chiffrés afin de garantir la confidentialité des données et ces dernières sont stockées sur des serveurs dont la sécurité est assurée par un prestataire reconnu dans le domaine de l’hébergement.

Un Délégué à la Protection des Données a été désigné afin de veiller au respect des règlementations françaises et européennes en vigueur en matière de protection des données.

Données personnelles collectées

Au cours de votre visite sur notre site internet, aucune donnée n’est collectée à votre insu. Seules deux sources de collecte de données personnelles sont présentes :

- les cookies (veuillez-vous rapporter à la section « Cookies » de cette page)
- les formulaires

Les données que nous recueillons via nos formulaires sont uniquement celles que vous consentez à nous fournir et ne sont en aucun cas transmises à des tiers et aucun usage commercial n’est fait de ces données. Elles nous sont nécessaires afin de pouvoir répondre à votre demande ou vous fournir le service correspondant. Sauf mention contraire expresse sur le formulaire, seuls les agents des services concernés sont amenés à traiter vos données.

Vos droits

Conformément à la loi Informatique et Libertés n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, ainsi qu’au Règlement (UE) 2016/679 dit « RGPD », vous disposez de plusieurs droits concernant vos données personnelles :

- Droit d’accès, de rectification et d’effacement de vos données
- Droit à la limitation d’un traitement
- Droit de vous opposer, pour motifs légitimes, à un traitement
- Droit à ne pas faire l’objet d’une décision automatisée
- Droit à la portabilité de vos données

Pour en savoir plus sur vos droits, vous pouvez consulter le site de la CNIL : https://www.cnil.fr/fr/reglement-europeen-protection-donnees/chapitre3

Vous pouvez à tout moment demander à faire exercice de vos droits en nous contactant de la façon suivante : Musée Camille Claudel 10 rue Gustave Flaubert 10400 Nogent-sur-Seine

Cookies

Les cookies sont des petits fichiers informatiques qui contiennent certaines informations concernant votre navigation sur internet. Ils nous permettent de générer des statistiques (anonymes) sur les pages les plus visitées de notre site internet ou d’améliorer le contenu des autres. En outre, ils nous donnent également la possibilité de vous mettre à disposition des services correspondant à vos attentes.

La conservation de ces cookies est limitée dans le temps et n’excède jamais 13 mois, conformément aux préconisations de la CNIL.

Vous avez la possibilité de refuser l’utilisation de ces cookies sans que cela n’entrave votre navigation sur notre site internet, cependant certains services pourront ne pas être disponibles.

Il vous est également possible, à tout moment, de gérer ou supprimer les cookies qui sont installés sur votre ordinateur. Pour cela, nous vous invitons à consulter cet article de la CNIL :

https://www.cnil.fr/fr/cookies-les-outils-pour-les-maitriser

Contact

Pour toute question relative à la protection de vos données personnelles, vous pouvez contacter notre Délégué à la Protection des Données via le formulaire suivant : https://www.agirhe.cdg54.fr/TDB/rgpd.aspx

Jeu-concours

Résultats

« Dans la loge des artistes »

Résultats

« Dans la loge des artistes »

Au terme d’un vote à la majorité des voix exprimées, le jury a choisi d’attribuer :

Catégorie 1 :
(Réalisation de plusieurs volumes en savon pour former un groupe sur un thème libre. Les relations entre les figures sont pensées et il doit y avoir un lien qui unit ces figures. Le titre du groupe doit ensuite être précisé).

1er prix

Pauline Tommasini, 8 ans et sa grand-mère Marie-Françoise Roger
Pour Le cyclope et ses moutons
Le cyclope regarde ses moutons entrer dans la caverne

2e prix

Eva Bonnamy, 12 ans
Pour Marée noire

Catégorie 2 :

(Un monument a été détruit, au moins en partie, ou déplacé du lieu pour lequel il a été conçu. Il était considéré comme gênant dans le lieu où il était placé. Pourtant, il paraît totalement anodin, innocent. C’est uniquement le lieu dans lequel il a été placé qui le rend gênant. Vous imaginerez un monument qui réponde à ces caractéristiques. Votre réflexion pourra prendre toute forme).

Prix

Christine Gambert

Informations pratiques

Lieu :

10 rue Gustave Flaubert
10400 Nogent-sur-Seine

Horaires & Tarifs :

Renseignements au musée, au 03 25 24 76 34 ou par courriel

À télécharger : Catégorie 1, 1er prix Catégorie 1, 2e prix Catégorie 2, prix

Entre amies et arômes

Jeudi 9 octobre à 18h30

Happy Hour

Entre amies et arômes
Jeudi 9 octobre à 18h30

Happy Hour

avec la Distillerie Monceau-Dombrecht (Nogent-sur-Seine)

Explorez les histoires d’amitiés entre Camille Claudel et ses consœurs, réunies dans l’exposition Au temps de Camille Claudel, être sculptrice à Paris. Puis, goûtez un délicieux ameretto né d’une rencontre et d’une passion partagée !

 

Informations pratiques

Lieu : Horaires & Tarifs :

18h30

 

Durée : 1h

Déroulé : 30 minutes de visite thématique + 30 minutes de dégustation à l'auditorium

 

Tarif : 6 € tarif plein

4 € pour les personnes qui bénéficient de la gratuité du musée

 

 

Réservation conseillée :

En ligne

03 25 24 76 34

par mail
 

À rebrousse-temps


juin 2019 - 6octobre 2019


Pour sa deuxième exposition, le musée Camille Claudel propose un parcours d’art moderne et contemporain dans les salles permanentes et temporaires. Il s’agit de renouveler le regard sur la collection du musée en proposant des rencontres inédites : quels sont les échos et les dialogues possibles entre les œuvres du XIXe siècle et celles du XXe ou XXIe siècle ? Comment les artistes aujourd’hui interrogent-ils l’autoportrait, le monument, les canons de beauté féminins et masculins, la représentation du mouvement, de la danse, du corps au travail ou encore la dimension théâtrale de la sculpture ?


Le fil rouge du parcours est celui de la collection du musée, constituée notamment de sculptures d’Alfred Boucher, Antoine Bourdelle, Camille Claudel, Paul Dubois et Auguste Rodin. La manière dont Camille Claudel s’est tantôt inspirée, tantôt singularisée de ces artistes qui lui étaient contemporains apparait nettement et permet de prendre toute la mesure de sa modernité. L’exposition entend poursuivre cette dynamique vers le XXe et le XXIe siècle et cherche à raconter une autre histoire de la collection à travers la rencontre d’artistes, d’œuvres et de pensées d’une époque à l’autre.

En mettant en parallèle les recherches, les interrogations, les centres d’intérêt d’artistes de différentes époques, il s’agit aussi de s’interroger sur le processus de création, les sources d’inspiration communes et les manières dont les artistes regardent et s’emparent des œuvres qui les précèdent, entre appropriation, citation, référence ou ressemblance fortuite. Si certains artistes, comme Damien Hirst ou Najia Mehadji citent directement les œuvres d’Alfred Boucher ou de Camille Claudel, les échos se font plus lointains chez d’autres : Louise Bourgeois connaissait l’œuvre de Claudel mais y pense-t-elle en sculptant des mains qui se rejoignent ? En modelant des robes qui suggèrent des corps absents, ORLAN fait-elle un clin d’œil à La Valse ou cette rencontre tient-elle de la coïncidence ? Le sculpteur Paul Dubois et la photographe Rineke Dijkstra se réfèrent tous deux aux vénus de la renaissance italienne et le dialogue entre leurs œuvres témoigne de la manière dont un univers visuel et les canons de beauté se diffusent dans la société.

Les rapprochements sont d’abord opérés dans l’idée d’une filiation possible à partir des thématiques qui structurent la collection. Mais un regard à rebrousse-temps, depuis le contemporain vers le XIXe siècle, invite à découvrir les œuvres sous un autre jour, à prêter attention à un détail qu’on n’aurait pas remarqué de prime abord ou à se laisser surprendre par des œuvres récentes qui jouent avec la tradition et l’histoire de l’art.